Drawdown : mesurer une baisse et comprendre la récupération
Pourquoi une perte de 20 % demande ensuite 25 % de hausse, comment suivre un creux et pourquoi un dépôt ne constitue pas un gain.
Mesurer la distance au dernier sommet
Le drawdown mesure la baisse par rapport à un sommet antérieur. Pour un solde sans dépôt ni retrait, il se calcule ainsi : (sommet − solde actuel) / sommet. Le drawdown maximal est la plus grande baisse de ce type observée sur la période choisie.
Un solde passe de 500 € à 600 €, puis à 450 €. Il est en recul de 10 % par rapport au départ, mais de 25 % par rapport au sommet de 600 €. Les deux chiffres sont justes : ils répondent à deux questions différentes. Indiquez toujours la référence et les dates lorsque vous présentez un résultat.
La hausse nécessaire n’est pas symétrique
Après une baisse, le pourcentage de hausse porte sur une base plus petite. Pour retrouver le niveau précédent, la hausse arithmétique nécessaire est perte / (1 − perte), avec la perte exprimée en fraction.
| Baisse depuis 100 € | Solde restant | Hausse pour revenir à 100 € |
|---|---|---|
| 10 % | 90 € | 11,11 % |
| 20 % | 80 € | 25 % |
| 30 % | 70 € | 42,86 % |
| 50 % | 50 € | 100 % |
Ces nombres ne sont pas des objectifs à poursuivre. Ils expliquent pourquoi relever ses mises après une perte peut aggraver une situation déjà défavorable. À −100 %, la récupération par croissance du solde restant est impossible : il reste zéro.
Neutraliser l’illusion des nouveaux dépôts
Ajouter 150 € à un compte qui vient de passer de 600 € à 450 € le ramène visuellement à 600 €. Pourtant, les 150 € perdus restent perdus. Un graphique de solde brut confond ici activité et apport personnel.
Tenez des colonnes distinctes pour les dépôts, retraits et résultats des paris réglés. Une courbe de résultats cumulés permet de voir les pertes en euros sans masquer les apports. Pour calculer un rendement en pourcentage avec plusieurs flux, il faut préciser une méthode adaptée ; diviser simplement le résultat par le dernier solde n’est pas fiable.
Transformer la mesure en décision utile
Observez à quelle fréquence les baisses surviennent, combien de mises étaient ouvertes et si plusieurs paris dépendaient du même match. Un creux peut révéler une concentration de risque ; il ne prouve pas, à lui seul, que les prochains résultats seront meilleurs.
Une limite écrite à l’avance sert à interrompre l’activité et à réexaminer le budget. Elle ne garantit pas de préserver un montant exact lorsque plusieurs paris sont encore ouverts. Si la lecture du graphique déclenche surtout l’envie de « se refaire », une pause et un échange avec un service d’aide sont plus utiles qu’un nouveau calcul de mise.
POUR VÉRIFIER ET APPROFONDIR
Sources et références
- AMF · Risques et rendements des placements (nouvel onglet)
- Joueurs Info Service · Limiter ou arrêter sa pratique (nouvel onglet)
Sources consultées le 5 septembre 2026. Les exemples chiffrés sont des simulations pédagogiques.